Forum de discussion entre les parents d'élèves de Rosny sur Seine


: . : . : . : AUCUNE INSCRIPTION PREALABLE N'EST EXIGEE : . : . : . :


Accueil­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Sécurité alimentaire et expertises contradictoires : L’affaire du « bœuf aux hormones »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages: 36
Date d'inscription: 30/09/2008

MessageSujet: Sécurité alimentaire et expertises contradictoires : L’affaire du « bœuf aux hormones »   Jeu 21 Mai - 16:34


Le 15 janvier 2009, les Etats-Unis annoncent l’introduction de nouveaux critères concernant les droits de douane sur l’importation de produits européens (taxation triplée sur le roquefort et les truffes, produits supplémentaires ajoutés à la liste des aliments soumis à taxation). Ainsi serait aggravé le régime des sanctions utilisées depuis 1999 pour faire pression sur l’Europe, afin de la contraindre à ouvrir son marché à la viande bovine américaine « traitée aux hormones stéroïdes ».

L’utilisation d’hormones (progestérone, œstradiol et testostérone pour les produits naturels ; parabolan et zénarol pour les produits de synthèse) est courante aux USA et au Canada pour accélérer la croissance des bovins et en augmenter le poids final de 10 à 15%. Ces hormones sont des stéroïdes, considérés comme anabolisants et produits dopants pour les deux derniers d’entre eux.

En 1988, l’Union Européenne interdit l’utilisation d’hormones par les producteurs européens et décrète un embargo sur l’importation de viandes traitées, en application du principe de précaution. Les Etats-Unis et le Canada demandent en 1996 l’arbitrage de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), voyant là une mesure de protectionnisme, sans évaluation convaincante des risques réels. L’OMC se range à l’avis des Américains en septembre 1997, décision confirmée en appel par l’ORD (Organe de Règlement des Différends), qui autorise les Etats-Unis à taxer des produits européens pour un montant de 116 millions de dollars par an, dès le 12 juillet 1999.

Cette décision survient après que la JECFA, Comité Conjoint d’Experts Scientifiques de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture), ait conclu, en février 1999, que ces traitements ne «constituaient pas un problème de santé publique». Mais, le 30 avril 1999, le SCVMPH, Comité Scientifique de la Commission Européenne pour des mesures vétérinaires en lien avec la santé publique, rappelle que «des effets endocriniens, développementaux, immunologiques, neurobiologiques, immuno- et génotoxiques» sont envisageables et que le 17bêta-oestradiol, principale hormone utilisée, initiateur et promoteur de tumeurs, doit être considéré comme «un carcinogène complet». Ce dernier rapport avait été rendu dans l’urgence d’échéances judiciaires internationales, treize jours avant l’expiration d’un délai de grâce accordé par l’OMC à l’Europe pour étayer son argumentaire. Le SCVMPH confirme cependant le 3 mai 2000, soit un an plus tard, qu’une telle exposition aux hormones peut être cause de cancers et d’effets nocifs sur le développement et la fertilité.

Ces rapports contradictoires en rappellent d’autres analogues, notamment ceux qui avaient été rendus lors de la crise de la « vache folle » (avec les conséquences dramatiques que l’on sait) ou concernant les volailles décontaminées à l’aide de solutions chlorées. Ce n’est donc pas la première fois que des comités d’experts, au plus haut niveau international, produisent des avis cacophoniques sur des problèmes graves de santé publique, s’accusant de part et d’autre d’être au service des politiques et des lobbies, d’autant que certains des experts scientifiques siègent à la fois dans des comités aux conclusions divergentes !

La traçabilité est devenue une nécessité et une obligation. L’étiquetage informatif clair et complet doit en être le corollaire naturel. Ainsi, dans une société libérale (unique issue possible, nous dit-on), ouverte à la libre-concurrence nationale et internationale, l’éducation des consommateurs, en vue de leur permettre l’attention, le décryptage et le choix le plus judicieux possible, doit être une préoccupation primordiale des institutionnels et des élus.

La vraie question est la suivante : comment se fait-il que, depuis tant d’années, il n’ait pas été possible de mettre en place une procédure, autorisant la formulation d'un consensus scientifique clairement distinct de positions politiques qui s'affrontent ? Il n’y a pas de réponse toute faite, sinon partiale et partielle. Il faut espérer que cela suffira à éveiller la vigilance de chacun.

Dr. Baya BENYAHIA

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://fcperosny78.ecoleforum.com
 

Sécurité alimentaire et expertises contradictoires : L’affaire du « bœuf aux hormones »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
Forum de discussion entre les parents d'élèves de Rosny sur Seine :: > > > > F O R U M * G E N E R A L :: Ecole et santé-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet